Escalinada - 22, rue Pairolière - 06300 Nice / FranceLa presse

La blette en vedette !

La blette en vedette !
Pendant une semaine, des restaurants portant le label "Cuisine nissarde" vont proposer au moins deux spécialités à base de ce légume typiquement local mais un peu oublié...
La blette ou bette en "français", fait partie de l'histoire et du patrimoine agricole du comté de Nice (voir par ailleurs). Elle n'a fort heureusement pas totalement disparu des cultures. Il suffit pour cela de jeter un coup d'oeil de sa voiture lorsque l'on circule dans la plaine du Var. Cependant, à l'instar de la plupart des légumes nécessitant un minimum de préparation et de cuisine, la blette a tout doucement déserté nos assiettes.
Elle tient peut-être sa chance, avec cette "Semaine de la blette" que vient de lancer l'UDOTSI (Union départementale des offices de tourisme et syndicats d'initiative des AM). C'est cette association qui a déjà été à l'origine du label "Cuisine nissarde", qui connaît aujourd'hui un véritable succès et compte plus de quarante restaurants qui se sont engagés à faire de la cuisine niçoise authentique.
Pour la blette, l'idée est justement venue lors d'une réunion du comité technique chargé du suivi de ces établissements et de "l'adoubement" des nouveaux promus. Les professeurs de cuisine et les représentants de la Capelina d'Or qui y participent ont suggéré une opération coup de poing en faveur de ce légume en perte de vitesse. "Spontanément, une dynamique s'est créée" explique Évelyne Runfola de l'UDOTSI. "On était même étonnés de l'accueil favorable des restaurateurs du label Cuisine nissarde. Tout c'est donc mis en place très rapidement. C'est la pleine saison de la blette, il faut en profiter".

Du 17 au 24 février
Souvent traités de "mangeurs de blettes", les Niçois et les non-Niçois vont donc pouvoir retrouver ou découvrir les saveurs salées et sucrées de la "blea". "Cette semaine sera l'occasion de déguster des recettes un peu abandonnées ou d'apprécier la créativité des chefs qui ont décidé de jouer le jeu. On va donc sortir des classiques que sont la poche de veau farcie, les raviolis, les sardines farcies ou les tourtes.

Il y aura par exemple des barba-jouan (boussotou), des beignets, des trules (boudin aux herbes), des troucha (omelettes) et des poissons cuisinés avec de la blette... Chacun selon son inspiration !" Seule condition : proposer chaque jour du 17 au 24 février, au menu, à la carte, ou en suggestion, au moins deux spécialités à base de blettes. Au total, une vingtaine de restaurants de Nice et du haut pays (1), ont décidé de s'associer à cette opération qui cherche paraît-il déjà un nouveau légume à promouvoir, pour l'an prochain.

(1) Les restaurants participants à l'opération :
A Buteghinn, Auberge des Arts, Casalinga, Grand Café des Arts, L'Escalinada, L'Estocaficada, L'heure bleue, La cantine de Lulu, Le comité niçois, Lou Mount, Lou Mourelec, Voyageur Nissart. Autour de Nice, Chez Rose (Châteauneuf Ville Vieille), Le Nicphil (Pont de Clans), L'Oliveraie chez Grec (Colomars), Le bistrot St- Eloi (Coursegoules), La capeline (Toudon) Renseignements : UDOTSI, tél. 04.92.47.75.12.

Dès l'Antiquité....
La blette est une culture traditionnelle de la région niçoise. C'est un légume-feuille très ancien, que l'on retrouve dès l'Antiquité. Mais il était considéré comme une nourriture fade, consommée par les pauvres. Au Moyen-âge en revanche, la blette prend du galon et est appréciée en soupe avec d'autres légumes.
Actuellement, à Nice et dans sa région, deux variétés sont cultivées : la blette à petite feuilles, avec une côte peu développée et d'une hauteur de trente centimètres ; et la poirée de Nice, de plus grande taille, au feuillage important, charnu et gaufré autour d'une côte également large.
Cette culture est cependant progressivement rongée par l'urbanisme, dans la basse vallée du Var. Après une chute de la demande, il semble que l'on assiste à un retour en grâce. La blette à grosses côtes s'expédie vers Lyon, Paris, Saint-Étienne, Lille, Grenoble. La petite blette de Nice approvisionne les marchés locaux et reste encore très appréciée. Ici, on préfère généralement le vert pour les farces et les tourtes.

Beal Sylvie / Scarselli